Historique

 

Avec son écart de Speckbronn, le gros village verrier de Soucht (Sucht en allemand) s'étend en plein cœur du pays couvert, au milieu de vastes et vertes forêts et à la limite de l'Alsace. Dans la vallée profonde du Suchterbach, il occupe tout l'espace profitable dans les petits vallons alentours.

 

I. Écarts et lieux-dits

  • Le moulin de Soucht, construit au XVIIe siècle, sert depuis 1892 de maison d'habitation.
  • Speckbronn est fondé vers la fin du XVe siècle. La verrerie y disparaît complètement pendant la guerre de Trente Ans. Une scierie et un moulin à blé y fonctionnent jusqu'en 1767.
  • Une petite chapelle, datant du XVIIIe siècle, se trouve à proximité du moulin Stockhofermühle, appelé également Heidenheimermühle.
  • L'Aneckenmühle, utilisé comme grange depuis 1847, fait partie du hameau de Speckbronn.
  • Dimmelbach, Dreyersthal, Falken Eck, Hollert, Kammerfelsen, Kleeberg, Klingerthal, Klingerthalerberg, Muehlenkopf, Neudorf, Nusspickel, Reidenberg, Scheidwaeldel et Streitmaettel.
  • Les moulins de l'Oligmühle et de la Paulusmühle.

 

II. Histoire

Si la verrerie de Speckbronn (« la fontaine installée sur des terres grasses ») est créée vers la fin du XVe siècle, la fondation de La Soucht est beaucoup plus tardive puisque le village se développe autour d'une verrerie fondée en 1629 par un verrier de Münzthal, berceau du futur village de Saint-Louis-lès-Bitche. Au XVIIe siècle, en accordant l'autorisation de fonder la verrerie, le comte de Deux-Ponts-Bitche aurait indiqué comme emplacement : « Sucht » (cherchez ! ), ce qui expliquerait le nom du village. C'est la seule verrerie du pays de Bitche qui n'est pas détruite durant la terrible guerre de Trente Ans (1618-1648) et les guerres successives du duc Charles IV. On retrouve le village en 1681 sous la Sucht, Souchtz en 1751, Soucht en 1755, la Souche en 1756, la Souchtt en 1779, puis Souctz, Soucht et Sucht sous l'annexion allemande en 1871. Il redevient Soucht lors du retour à la France en 1918, puis Sucht le 2 août 1940 et Soucht en 1944.

En 1659, la direction de la verrerie fait construire à ses frais une maison d'école et une petite chapelle. C'est en 1681 seulement qu'est mentionnée sous sa forme actuelle la Sucht, une pièce de terre rectangulaire en forme de taie d'oreiller. En 1700, par manque de bois, les feux sont éteints et de nouvelles verreries installées ailleurs dans le pays de Bitche, les verriers se transportant alors sur le site voisin de Meisenthal. Après la disparition des activités traditionnelles, notamment le tissage et la fabrication de chapeaux de paille, il a subsisté jusqu'à la seconde guerre mondiale plus de soixante sabotiers dans le village forestier. Quant aux souffleurs de thermomètres, ils ont longtemps perpétué la tradition verrière de Soucht.

Du point de vue administratif, le village a été commune de l'éphémère canton de Lemberg entre 1790 et 1802, date à laquelle il intègre celui de Rohrbach-lès-Bitche. Plusieurs représentations anciennes permettent de connaître l'aspect qu'avait le village dans le passé, au début du XXe siècle, mais aussi de mesurer l'évolution du patrimoine communal lors des importantes destructions causées par les combats et les bombardements de la seconde guerre mondiale.

  

III. Cultes

Le village de Soucht est une paroisse indépendante dès le XVIIIe siècle, dépendant de l'archiprêtré de Hornbach, aujourd'hui en proche Allemagne. Elle est rattachée depuis 1802 à l'archiprêtré de Rohrbach-lès-Bitche, qui est calqué sur le canton. L'église paroissiale, dédiée à l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, est construite en 1770.

 

IV. Lieux et monuments

La majestueuse église paroissiale, dédiée à l'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie, possède un autel en stuc gris et orangé, un imposant chemin de croix et de très beaux lustres en verre. Le presbytère, entièrement rénové, est une donation du duc de Lorraine.
Le musée du sabotier, situé dans le village, présente une impressionnante collection de sabots et retrace la vie des sabotiers. Très utiles aux travaux agricoles, les sabots étaient aussi une protection indispensable pour le verrier. Il rappelle le rôle important qu'a eue l'industrie dans le village.
La chapelle des quatorze Saints Auxiliaires, appelée localement Pauluskapelle, se situe dans la forêt du village : on y parvient par le pittoresque chemin des Hergötte.
Le circuit des rochers avec le Kammerfelsen, le Heidenfelsen et le Jägerfelsen.
Des calvaires et croix de chemin nombreux parsèment le ban communal et sont fidèlement entretenus par les habitants.
La ferme située 3, rue des Verriers a été élevée au XVIIIe siècle pour un petit agriculteur travaillant peut-être aussi dans l'une des verreries installées dans les villages voisins, ce qui explique la modicité de l'exploitation. Elle s'apparente à l'habitat rural lorrain avec son volume unique et ses trois travées (le logis, la grange et l'étable-écurie). Le rez-de-chaussée surélevé est précédé d'un bel escalier en grès.

 

Au lieu-dit Oligmühle (le moulin à huile), en bordure de la route de Montbronn, un calvaire est élevé au XVIIIe ou au début du XIXe siècles. Un grès à patine sombre et une taille sèche sont compensés par l'élégance des statues en ronde bosse de la Très Sainte Vierge Marie et de saint Jean. Sur le fût, exceptionnellement large, figure la Sainte Famille en marche, un thème assez fréquent dans le Bitscherland. Le Christ en Croix est lui aussi bien venu, avec son perizonium aux lours plis étagés et sa longue chevelure ondulée.

 

V. Notes et références

VI. Annexes

1. Bibliographie

JACOPS (Marie-France), GUILLAUME (Jacques), HEMMERT (Didier), Le Pays de Bitche (Moselle), Metz, Éditions Serpenoise, 1990, p. 126-128.
Soucht, village du Pays de Bitche. 1629-1679, Soucht, Centre Culturel et Interassociation, 1979, 112 p.

 

 

 

(source: www.bitscherland.fr)